jeudi 2 juillet 2015

123 - Sandix et Stormix

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- Qu'est-ce que tu entends par « changer de franchise » ?

jeudi 5 février 2015

Anonymes, 11

Il est entré dans la pièce comme s’il possédait l’immeuble.

Il porte un pantalon fluide, une chemise claire, un pull bleu marine de bonne facture au col rond. Il a un regard durci par de larges cernes et ses fins cheveux bruns commencent à se désintéresser de ses tempes et du haut de son crâne.

Il s’assied. L’atelier commence.

Son téléphone dernier cri, posé devant lui, bien en vue sur la table dénuée par ailleurs de bloc, cahier ou autre stylo, vibre de toutes ses forces. Il prend un air absorbé lorsqu’il répond à ses messages.

Il coupe beaucoup la parole en prenant un air éclairé –mais il ne fait en vérité que reformuler ce qui vient d’être dit ou sous-entendu.Il distrait ses voisins en partageant ses opinions, sans prendre la peine d’écouter le retour d’expériences de l’intervenant ou des autres participants.

Quand il n’a rien à dire, il s’agite sur sa chaise, s’adosse en étirant ses membres, écarte les jambes, relève ses bras et croise ses doigts derrière sa tête.Il baille bruyamment, ostensiblement, sans nous épargner la vue de ses amygdales.

À 12h30, alors que l’intervenant principal était au milieu d’une phrase, il s’est rué sur la porte.
Il avait un « déj’ », vous voyez.

lundi 26 janvier 2015

Anonymes, 10

C’est un homme de taille moyenne. Habillé d’un pantalon droit, d’une chemise et d’un gilet à fermeture éclair, il a le dos un peu voûté et le cou légèrement rentré dans les épaules. Ses petites lunettes rondes ne cachent pas les extrémités tombantes de ses yeux tristes. Les commissures de ses lèvres tirent vers le bas. Il prend difficilement la parole, soupire, bute sur les mots, regarde ses doigts, change le propos de sa phrase en plein milieu, reprend du début au bout d’une longue pause, l’air las. Il entame les longs mots avec conviction mais baisse ensuite le volume jusqu’à rendre inaudibles leurs dernières syllabes.

Le vocabulaire utilisé et les idées énoncées dénotent cependant toujours d’une grande culture et d’une grande intelligence.

L’un des intervenants lui demande ce qu’il voudrait faire s’il n’y avait plus aucune barrière, plus aucune urgence, plus aucun souci financier. Il murmure :

« - Moi, je voudrais avoir du charisme.

Il insiste sur « charisme ». Il reprend plus fort.

- Je voudrais avoir de l’assurance. J’ai l’impression que les gens charismatiques sont heureux. Et je voudrais être heureux.

Il enchaîne, fragile.

- Ma vie, elle est bien morne. Comme moi. »

Ébranlée par cette réponse inattendue, l’assistance détourne le regard en silence. C’est compliqué de répondre quelque chose à ça. Ce n’était pas le lieu. Ce n’était pas le moment. Et puis la consigne n’était pas respectée.

J’ai rendu un sourire désolé à son sourire usé.

La session s’est terminée.

J’aurais aimé lui dire qu’on lutte tous contre nos faiblesses, que le charisme n’est pas plus synonyme de bonheur que la minceur ou la richesse, j’aurais aimé le prendre dans mes bras et lui promettre que tout irait bien…

Mais il était déjà parti.

dimanche 25 janvier 2015

122 - Un nouvel animal de compagnie

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- J'le sens pas, leur nouvel animal de compagnie. Il a quelque chose de pas net.

mercredi 21 janvier 2015

121 - La journée du câlin

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samedi 27 décembre 2014

120 - Le retour du relou

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- Te r'tournes pas, revoilà ce gros relou de Skypooper.

samedi 29 novembre 2014

119 - ST + DV = ♥

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- Ça lui va bien, la frange, dis-donc.
- Ooh ça va hein, c'est de mémoire.

dimanche 6 juillet 2014

118 - Monture à cornes

118.JPG- OK, j'ai les pieds qui traînent par terre, mais de tout ce qu'il y avait dans le jardin, c'est ce qui se rapproche le plus d'une licorne. Avec DEUX cornes.

vendredi 27 juin 2014

117 - Récolte

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- Les goûters du dimanche me manquent.
- Arrête, j'ai envie de chialer.

mardi 10 juin 2014

116 - Petit Crabinou vs Goldorak

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- Elles sont sympas, tes armes, lutin. Donne.

 

mardi 3 juin 2014

115 - Mega Crabinator vs Hypertroopz

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- Refais JAMAIS ça, mec, tu sais comme j'ai la gâchette facile !

 

mardi 15 avril 2014

114 - Vocations

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- Si j'avais loupé le concours d'entrée de l'Empire, je serais devenu visagiste floral.
- Et moi, designer capillaire.

 

mercredi 2 avril 2014

113 - Douche

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- Alors ?
- Alors très sympa, cette nouvelle douche, mais l'eau est sacrément chaude, fais attention.

mardi 4 mars 2014

112 - Mardi Gras

112.JPG- Alors, tu en dis quoi, Princesse Saori ?
- Que tu es... Unique en ton genre, Agnès Varda ?

jeudi 27 février 2014

111 - Les macarons contre-attaquent

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- Ça confine à l'obsession, là, non ?
- Ouaip, et en plus elle commence à enrôler sa sœur.

dimanche 23 février 2014

110 - Pim's

110.jpg- Bien... Si ça tourne mal, on pourra toujours vendre des Pim's de contrebande sous le manteau.
- Ça, on voit à peine la différence.

jeudi 13 février 2014

Balade

- On voit bien le Havre aujourd’hui.

Nous marchons côte à côte. Il porte un vieux chapeau de pluie noir délavé qui, me semble-t-il, a toujours été dans le bac de la portière de chaque voiture qu’il a conduite. Quelques mèches souples et grises sur son visage amaigri. Il a relevé le col de son manteau sombre pour protéger sa nuque.

- Oui. Tu penses que le porte container au large en repart ou en revient ?

Les pointes de ses pieds buttent sur le revêtement de la promenade. Il pivote face à la mer. Mon regard s’arrête sur ses deux petites jambes maigres qui flottent dans un jean un peu trop ample. Il scrute l’horizon.

- Il repart.

Une rafale de vent s’écrase dans son dos et le bouscule un peu. Il semble profiter de cet élan pour avancer de nouveau. Il a la démarche saccadée d’un échassier.

- J’espère que le vent ne va pas faire s’envoler mon chapeau.

Je passe doucement mon bras sous le sien, essayant d’avoir l’air plus affectueux que protecteur. « J’espère surtout que le vent ne va pas faire s’envoler mon papa », me dis-je.

- Si ton chapeau s’envole, hé bien, on courra après lui.
- Oui, voilà. On ira courir sur la plage.

Il sourit. Malgré les années de maladie qui ont marqué ses traits, il a toujours ce beau sourire franc qui illumine ses yeux foncés d’un éclat doré, précieux et rassurant. Quand il a ce visage-là, l’enfant en moi se sent invincible.

- Quand j’étais petit, au bout de la promenade, il y avait une aire de jeux pour enfants. Et il y avait, ces… cages, faites de barres de métal qui formaient les arêtes de cubes superposés. Qu’est-ce que j’y ai passé comme temps !

J’ai du mal à l’imaginer faisant le zouave dans une cage à écureuil. Sa réserve de taiseux m’empêche de me le représenter la tête à l’envers, en cochon pendu. C’est idiot. Je me souviens bien que nous chahutions lorsque j’étais petite, ma mère ne se baignait jamais avec nous car elle avait en horreur les éclaboussures provoquées par nos jeux aquatiques. Quelle force il avait pour me projeter si facilement, si loin !

- Mes muscles commencent à se raidir. Quand je commence à piétiner comme ça, je dois me forcer à lever les pieds, mais c’est vraiment difficile.
- Tu dis « raidir », tu veux dire, comme une crampe ?
- Oui, comme le début d’une crampe.
- Tu veux qu’on fasse demi-tour ?
- Non, on fera demi-tour au niveau de Patou.

Je le regarde. Il avance difficilement. Ses foulées semblent moins évidentes. Ses pas sont plus courts. La pointe de ses chaussures butte à chaque fois sur le sol. Il se concentre sur ses mouvements en silence. Arrivés devant le restaurant fermé à cette époque de l’année, il s’arrête et effectue de petits huitièmes de pas, comme un pantin bizarrement articulé, jusqu’à faire demi-tour. Je prends de grandes bouffées de cet air qui me manque tant à Paris. Le vent est à présent contre nous. Face aux rafales, il semble lutter à chaque enjambée.

- Si on fait abstraction du vent, c’est une belle journée. À l’abri, on pourrait se croire au printemps.
- On a même eu des étés plus frais !

Je ne sais pas ce que les promeneurs que nous croisons pensent lire de nous, mais j’aime la tendresse de leurs sourires et la bienveillance de leurs regards. Ça n’a pas toujours été le cas. On juge vite les personnes dont le pas incertain donne l’impression de tanguer. On chuchote à leur passage. « Si c’est pas malheureux… » … « Y’en a qui boivent pas que d’l’eau ! » … « Quand même, c’est un peu tôt ! »… J’avais envie leur arracher leurs rictus dédaigneux, de leur plonger le nez dans leur médiocrité, espérant que cela laisse une tache indélébile humiliante. Évidemment je n’en ai rien fait. On n’attire pas l’attention dans ce genre de cas : peut-être n’a-t-il jamais entendu ces vipères, trop concentré sur les gestes à faire, les muscles à contrôler pour simplement être debout et marcher. Ce qu’on ne sait pas ne peut pas nous faire de peine, hein ?

- Oh, mon chapeau !

Je fais quelques pas, le ramasse, le secoue et le lui tend. Il le saisit sans hésitation et le visse à nouveau sur sa tête, un léger sourire aux lèvres.

- Tu devrais t’acheter un manteau comme le mien, avec une capuche bien confortable qui ne risque pas de s’envoler.

Bien sûr, il est souvent déprimé. Bien sûr, il souffre dans son corps, dans sa tête, chaque jour. J’ai le sentiment qu’il a parfois la tentation d’abandonner. Mais il est toujours là, physiquement et mentalement, malgré les pronostics alarmants assénés par les médecins.

- C’était une chouette balade.

Alors moi, je prends tous les moments qui sont à prendre et je garde espoir.


mercredi 12 février 2014

109 - Macarons

109.JPG - Il FAUT qu'elle arrête de passer ses journées en cuisine.
- M'en parle pas, ce matin j'ai dû rajouter un cran à ma ceinture en tirant dedans avec mon flingue.

jeudi 6 février 2014

108 - Tempête

108.JPG Je commence à comprendre cette histoire de "temps à se faire un chocolat chaud".

mercredi 5 février 2014

107 - Dîner

107.JPG Sympa ce petit séjour gastronomique.

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