Jeudi 2 avril 2020

Ce soir, face à l’autel, en regardant la coupelle en fonte noire remplie de cendres très pâles, j’ai pensé à ce livre d’Okawa Ito.

L’héroïne, qui exerce à Kamakura le métier d’écrivain public dans une petite papeterie léguée par sa grand-mère, doit à un moment écrire une lettre de condoléances. Elle explique alors qu’elle la rédige dans une encre beaucoup plus pâle que d’habitude :
« Diluer l’encre, c’est le signe d’une grande tristesse : les larmes tombées sur la pierre à encre en ont éclairci la couleur. »

Je me demande si la cendre de l’encens est suffisamment pigmentée pour en faire une encre.
S’il faudrait d’abord frotter un peu le bâton de suie et de colle sur la pierre avant d’essayer de l’écraser. Mais je ne sais pas si mon bâton d’encre est de suie de pin comme le parfum de mon encens. Je me torture les méninges comme si c’était là la question la plus importante au monde.

Je n’ai toujours pas rallumé la bougie et il me reste toujours deux bâtons d’encens.