L'afterwork

16h45. Les mecs passent dans les bureaux en tapant des mains et en criant « Allez apppppéro ! ». C'est qu'il faut commencer tôt à picoler dans un espace clos et à se rire très fort au nez, voyez-vous, depuis que notre gouvernement totalitaire nous impose d'être rentrés chez nous à 21h.

Moi, je suis en rogne, j’essaie de résister à l'envie d'aller leur gueuler dessus.

Je ne comprends pas. Il ne s'est rien passé, ces derniers mois ? Comment est-il possible de continuer à vivre de façon si égoïste, alors même qu'on répète depuis des semaines qu'on va dans le mur ? Est-ce un sport si jouissif de trouver les mille façons de contourner une règle pour son seul putain de bon plaisir immédiat ? Partout, dans l’ascenseur, dans les files d’attente, dans la télé, on se défausse. « Oui mais le virus n’attaque qu’à 21h01 », « oui mais c’est pas pire que le bus », « oui mais dans les facs ils sont entassés », oui mais, ouimais, uuimèèè... Ils font tous semblant de ne pas comprendre, ont tous une bonne excuse à dégainer. C’est donc inenvisageable de faire corps, de respecter quelques directives franchement pas si complexes, d’écouter les soignants qui tirent le signal d’alarme, de penser aux malades chroniques, aux victimes directes ou collatérales du virus ? De ne pas rajouter du mal au mal ?

Le gouvernement n’a pas été à la hauteur. Ce qu’on peut déjà difficilement excuser en mars devient absolument inexcusable en octobre. J’ai le cœur dans la gorge quand je pense que tout ce que j’ai dû vivre pendant le confinement n’aura même pas servi à accomplir un dessein plus important. Je suis encore sous le choc de ne pas avoir été en mesure d’accompagner mon père dans ses derniers instants, de ne pas avoir été en mesure d’assister à son enterrement ni de voir ma famille, d'être privée de la paix de savoir que j'ai au moins fait les choses dans les règles. Il a fallu faire avec. Il faut faire avec. Il faudra faire avec.

Le gouvernement n’a pas été à la hauteur et ces semaines pendant lesquelles des plans de prévention auraient pu être mis en place ont été piétinées par ces hybrides de politiciens/communicants, des gourous mégalos et des pseudoscientifiques amoraux, mais ça n’exonère pas de respecter les consignes et de faire de son mieux.

Arrêtez de faire les cons par pitié.

Commentaires

1. Le samedi 14 novembre 2020, 08:38 par Nuits de Chine

Demander aux gens d'arrêter de faire les cons, c'est une tâche titanesque.

2. Le jeudi 19 novembre 2020, 16:36 par Leto

Tout à fait raccord avec votre point de vue, personnellement.

Mon cœur s'est serré pour vous à la lectures des précédents billets. Content de vous voir reprendre la plume.

Je vous embrasse fort, la blonde.

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