mardi 3 mai 2016

Les réjouissances

« Aujourd'hui, j'ai fait le top 10 des chansons les plus tristes de mon iPhone », me dit-il. Il ajoute, dans un large sourire jovial, trépignant d'excitation comme un enfant le matin de Noël « Tu veux écouter la numéro 1 ? Tu pleures pas, hein ! »
La belle soirée en perspective que voilà.

jeudi 7 avril 2016

Les sages paroles

Je laisse la parole à Mamie Nova qui a tenu à partager un peu de sa sagesse avec moi dans le métro ce matin :
« il ne faut pas s'asseoir tout de suite après les gens, sinon on absorbe leur chaleur par les fesses et ça fait des hémorroïdes. »

dimanche 21 février 2016

Eulalie les pouces Monsanto

J’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conclusions en me retirant de la vie botanique.

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En même temps, en cas d'attaque de Monstroplantes, je suis LA solution.

mardi 16 février 2016

Les phrases

Comme les parfums, il y a des phrases qui te font remonter le temps, que tu ne peux plus sentir, que tu refuses de ressentir car elles t’écœurent et te serrent le ventre jusqu'à faire des crampes.
« Ton père est à l'hôpital » est l'une d'elles.
Cinq côtes brisées hier dans une cascade encore ratée.
Ça n'aura rien à voir avec février 2015 ; ni anesthésie, ni opération, pas de quoi chambouler de nouveau la fragile chimie de son cerveau.
Il va bien -aussi bien qu'on puisse aller avec cinq côtes cassées.
Mais le savoir une fois de plus blessé m'est intolérable.
Je vais finir par détester février autant que les lundis.

dimanche 7 février 2016

10 ans

J'appréhende chaque année l'arrivée de février. La naissance des jumeaux n'y a rien changé : ce mois est associé à la douleur du départ de ma Mado et à tous les chamboulements que ça a provoqué dans mon cœur. Je rêve d'elle souvent et je me heurte à son absence. Depuis peu, je me surprends à l'appeler Mémé. Comme si le lien s'atténuait un peu et perdait de sa force, de cette particularité de nos relations. Voilà bien longtemps que je ne suis plus un « rayon de soleil ».
Mais à chaque fois que j'échappe à la pluie, à chaque fois que je reste bouche bée devant un beau ciel, à chaque fois que papa tombe et ne meurt pas, j'ai le sentiment qu'elle y est un peu pour quelque chose. Appelons ça de la magie.

jeudi 21 janvier 2016

À l'ancienne

Que feriez-vous si vous aviez les pouvoirs de Dieu pendant une semaine ?

Eulalie, Miss Nunuche - Hmm... Je rétablis la balance écologique sur Terre.
Monsieur Muche, impérieux - Ha ? Moi je trouve un gazier et je lui conseille de construire un bateau avant la fin de la semaine. À l'ancienne.

vendredi 10 juillet 2015

Rosée

Extérieur, jour, ma tante avise mes cheveux roses. Telle une tragédienne grecque, elle étouffe un cri avec ses mains tendues devant sa bouche : « mais chérie c'est horrrrrible ! »

Le rosé, oui, les cheveux roses, non !

jeudi 2 juillet 2015

123 - Sandix et Stormix

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- Qu'est-ce que tu entends par « changer de franchise » ?

lundi 20 avril 2015

Les leçons de l'Univers

Tout en coupant les tiges des tulipes, je ruminais l’achat d’un stock de tapettes à souris pour les coller dans ses poches et ainsi l'empêcher de les remplir constamment de mouchoirs en papier. Il est repassé à l'appart pile poil au moment où j’ai confondu mon doigt avec une tige.
Il a récupéré le nécessaire de premier secours, m’a expliqué quoi faire pour que le sang cesse de couler, a désinfecté la plaie, m’a fait une poupée à la Betadine, s'est assuré que j'allais bien et a filé à son rendez-vous chez le chirurgien.
OK, j’ai compris le message, Univers.
Je vais me contenter de coudre ses poches.

vendredi 6 mars 2015

Possession

Le réflexe inexplicable du jour ; remplir sa machine à laver le linge, ramasser un kleenex tombé sur le sol de la cuisine, le mettre dans le tambour avec le reste et lancer le programme.

samedi 28 février 2015

Révélation

Les bordéliques sont plus malins, les gens qui se couchent tard sont plus futés, les gens qui ont du mal à s'endormir / dorment peu sont des sacs d'astuces, les gens qui boivent de l'alcool sont plus finauds, ...
Punaise, je suis une fieffée nigaude.

jeudi 5 février 2015

Anonymes, 11

Il est entré dans la pièce comme s’il possédait l’immeuble.

Il porte un pantalon fluide, une chemise claire, un pull bleu marine de bonne facture au col rond. Il a un regard durci par de larges cernes et ses fins cheveux bruns commencent à se désintéresser de ses tempes et du haut de son crâne.

Il s’assied. L’atelier commence.

Son téléphone dernier cri, posé devant lui, bien en vue sur la table dénuée par ailleurs de bloc, cahier ou autre stylo, vibre de toutes ses forces. Il prend un air absorbé lorsqu’il répond à ses messages.

Il coupe beaucoup la parole en prenant un air éclairé –mais il ne fait en vérité que reformuler ce qui vient d’être dit ou sous-entendu.Il distrait ses voisins en partageant ses opinions, sans prendre la peine d’écouter le retour d’expériences de l’intervenant ou des autres participants.

Quand il n’a rien à dire, il s’agite sur sa chaise, s’adosse en étirant ses membres, écarte les jambes, relève ses bras et croise ses doigts derrière sa tête.Il baille bruyamment, ostensiblement, sans nous épargner la vue de ses amygdales.

À 12h30, alors que l’intervenant principal était au milieu d’une phrase, il s’est rué sur la porte.
Il avait un « déj’ », vous voyez.

lundi 26 janvier 2015

Anonymes, 10

C’est un homme de taille moyenne. Habillé d’un pantalon droit, d’une chemise et d’un gilet à fermeture éclair, il a le dos un peu voûté et le cou légèrement rentré dans les épaules. Ses petites lunettes rondes ne cachent pas les extrémités tombantes de ses yeux tristes. Les commissures de ses lèvres tirent vers le bas. Il prend difficilement la parole, soupire, bute sur les mots, regarde ses doigts, change le propos de sa phrase en plein milieu, reprend du début au bout d’une longue pause, l’air las. Il entame les longs mots avec conviction mais baisse ensuite le volume jusqu’à rendre inaudibles leurs dernières syllabes.

Le vocabulaire utilisé et les idées énoncées dénotent cependant toujours d’une grande culture et d’une grande intelligence.

L’un des intervenants lui demande ce qu’il voudrait faire s’il n’y avait plus aucune barrière, plus aucune urgence, plus aucun souci financier. Il murmure :

« - Moi, je voudrais avoir du charisme.

Il insiste sur « charisme ». Il reprend plus fort.

- Je voudrais avoir de l’assurance. J’ai l’impression que les gens charismatiques sont heureux. Et je voudrais être heureux.

Il enchaîne, fragile.

- Ma vie, elle est bien morne. Comme moi. »

Ébranlée par cette réponse inattendue, l’assistance détourne le regard en silence. C’est compliqué de répondre quelque chose à ça. Ce n’était pas le lieu. Ce n’était pas le moment. Et puis la consigne n’était pas respectée.

J’ai rendu un sourire désolé à son sourire usé.

La session s’est terminée.

J’aurais aimé lui dire qu’on lutte tous contre nos faiblesses, que le charisme n’est pas plus synonyme de bonheur que la minceur ou la richesse, j’aurais aimé le prendre dans mes bras et lui promettre que tout irait bien…

Mais il était déjà parti.

dimanche 25 janvier 2015

122 - Un nouvel animal de compagnie

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- J'le sens pas, leur nouvel animal de compagnie. Il a quelque chose de pas net.

mercredi 21 janvier 2015

121 - La journée du câlin

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lundi 29 décembre 2014

Mieux que Casse-Noisette

"L'éléphant et la boule aux plumes de paon", drame de Noël en trois actes.

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samedi 27 décembre 2014

120 - Le retour du relou

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- Te r'tournes pas, revoilà ce gros relou de Skypooper.

samedi 29 novembre 2014

119 - ST + DV = ♥

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- Ça lui va bien, la frange, dis-donc.
- Ooh ça va hein, c'est de mémoire.

lundi 8 septembre 2014

Des Meaux d'amour, une histoire de vieux dé-bries

Lui, voix basse et grave - Tu sais que je veille tout le temps sur toi.
Moi - Comme Batman veille sur Gotham City ?
Il réfléchit - Plutôt comme un fromager sur ses fromages. Un fromager prend soin de ses fromages, il les câline, les caresse, les emmène en vacances et à la plage. C'est ça, plutôt comme un fromager affineur.

La bonne pâte que je suis ne sait que répondre mais tient à afficher sa désapprobation.

dimanche 6 juillet 2014

118 - Monture à cornes

118.JPG- OK, j'ai les pieds qui traînent par terre, mais de tout ce qu'il y avait dans le jardin, c'est ce qui se rapproche le plus d'une licorne. Avec DEUX cornes.

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