Le tour de Nakanoshima

Je me sortais très bien de la location de vélos, quand soudain le dialogue est devenu plus ardu. Je fais répéter, len-te-ment, puis len...te...ment, mais quand tu ne connais pas les mots, tu ne les comprends pas plus lorsque les syllabes sont clairement détachées.

Je finis par deviner qu’il nous faut un permis de pédaler, ce qui d’un côté me soulage un peu car la dernière fois que nous avons loué des vélos, c’était en Maurienne et le « chemin du petit bonheur » m’a laissé une impression tenace de fesses de babouin pendant des jours.

Le responsable vient à la rescousse avec son traducteur. La voix robotique dit alors « est-ce que quand vous prenez l’assurance sur le vélo vous voulez le vélo de l’assurance ? ».

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Et c’est ainsi qu’ont débuté les 6 heures de babouinisation assurée.

Après la rude montée en vélo, nous descendons à toute berzingue pour profiter de l’air frais dans les cheveux.

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Nous arrivons dans des rizières au milieu desquelles se trouve ce sanctuaire dédié à Utsukanomikoto.

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On repart sur les vélos. On ne nous arrête plus. Il est Eddy, je suis Jeannie. Nous filons comme des comètes à la seule force de nos mollets d’airain. À peine essoufflés, nous faisons halte sur la côte Akiya pour admirer le paysage, la falaise recouverte d’une coulée de lave, le rocher rouge dont l’érosion a creusé un cœur en son centre, visible depuis le bon angle. La mer du Japon est agréablement fraîche. Nous faisons des photos cucul de touristes amoureux devant le cœur. Bientôt le chant des petites reines nous ensorcelle et c’est sans même nous en apercevoir que nous repartons les cheveux dans le vent.

Et puis nous nous sommes perdus. Seule la route principale figure sur les plans, papier et numérique. Nous avons visité bon nombre d’impasses, de cul-de-sacs et même de voies sans issue. C’est ainsi qu’au fond d’un passage qui sentait la glycine, à proximité d’un petit port, nous sommes arrivés à ce temple tout en bois.

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Tout à notre nouvel enthousiasme vélocipède, il est possible que nous ayons eu les yeux plus gros que les mollets lorsque nous avons décidé de gravir le Mont Kinkoji. Au bout de 10 minutes d’ascension, mes joues flambent, mon rythme cardiaque s’emballe et mes jambes tétanisent. Je descends de ma monture pour finir à pied, mais ma bécane est bien trop lourde. J’avise un petit chemin à l’ombre pour reprendre mon souffle. C'est le Grü qui finira de monter mon vélo alors que je continuerai à pied.

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Arrivée enfin en haut, je prends de grandes bouffées d’air, stabilise mon rythme cardiaque et remercie mon cœur et mes jambes de m'avoir menée jusque là. On a de la chance ? Assurément.

(Je veux pas la ramener, mais voilà une idée de la hauteur du Mont Kinkoji au sommet duquel nous sommes allés en vélo. (À assistance électrique, OK, mais on n’a utilisé qu’un riquiqui cinquième de la jauge d’énergie, alors bon, hein, bon.) (Applause please.))

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