Le retour à Honshū

Les pèlerins de l’aller ont été remplacés par des randonneurs centenaires équipés de bâtons de marche. Le ferry en déverse une vingtaine à chaque île. Je suis jalouse du temps qu’ils passeront là-bas alors que nous devons déjà retourner sur Honshū, mais j’ai tout de même envie de leur crier par dessus bord « Rationnez vos BN ! Sinon ils vous donneront des huîtres frites ! ».

À bord, nous sommes interviewés par la télé.

Interviewer, content de tomber sur deux occidentaux - Vous étiez à Nakanoshima ?
Eulalie, hyper à l'aise - Oui !
Interviewer, content de tomber sur des occidentaux en mesure de répondre en japonais - C'était comment ?
Eulalie, à fond - Très joli.
Interviewer, en mode mitraillette - Et Ama ?
Eulalie, sentant l'embrouille venir - Très joli !
Interviewer, en mode investigation - Pourquoi êtes-vous venue ici ?
Eulalie, cherchant l'accès à son vocabulaire - Parce que... c'est très joli.
Interviewer, sentant l'embrouille - Comment avez connu les îles Oki ?
Eulalie, maudissant son vieux cerveau stupide - Par un ami qui m'a dit : "c'est très joli".

J’espère qu'il n'y aura pas trop de coupes au montage pour que chacun puisse bien saisir la complexité de ma pensée - et l'étendue vertigineuse de mon vocabulaire. Je suis très heureuse d’avoir pu transmettre un peu de ma sagesse.