Au théâtre de la salle communale de Pont-Yvette sur Roupillon

Ça a bien commencé. Le douanier m’a demandé si j’étais jouzue (douée) en nihongo (japonais). Je mets ça sur le compte mon jovial « Ohayoooo gozaimaseeeeeeuh » (booonjouuuur), que du coup j’ai rapidement ravalé. J’ai rougi et bredouillé un pauvre « non, non, pas du tout ! », de peur que ma bête naïveté déclenche une expulsion du territoire pour déclaration mensongère. Ma réponse empressée a eu plus ou moins l’effet escompté ; j’ai eu le droit de passer, mais les douaniers ont ri un peu trop fort à mon goût.

Après, deux policiers nous ont accompagnés au comptoir de la Poste où notre routeur wifi nous attendait sagement. On doit avoir l’air de fieffés nigauds pour avoir carrément besoin d’une escorte. L’un des deux m’a demandé si je parlais bien japonais, j’ai répondu « hmmmm chotto, hon no chotto » (hmmmm peu, très peu) avec un air contrit, ça l’a fait sourire.

Ma carrière d’humoriste gaijin (étrangère) commence bien, si tu veux mon avis.

Et me revoilà dans ce pays qui me manquait même quand je ne l’avais jamais visité que dans mes rêves.