Les phrases

Comme les parfums, il y a des phrases qui te font remonter le temps, que tu ne peux plus sentir, que tu refuses de ressentir car elles t’écœurent et te serrent le ventre jusqu'à faire des crampes.
« Ton père est à l'hôpital » est l'une d'elles.
Cinq côtes brisées hier dans une cascade encore ratée.
Ça n'aura rien à voir avec février 2015 ; ni anesthésie, ni opération, pas de quoi chambouler de nouveau la fragile chimie de son cerveau.
Il va bien -aussi bien qu'on puisse aller avec cinq côtes cassées.
Mais le savoir une fois de plus blessé m'est intolérable.
Je vais finir par détester février autant que les lundis.