Nature est découverte

Souviens-toi Rebecca comme la vie était belle en ces jours si vieux qu’il n’en reste que le bruit du vent lorsque l’on ouvre la porte.

Te rappelles-tu mon p’tit Lulu le bonheur frais qui craquait sous nos dents gourmandes quand le soleil se couchait à l’horizon serein ?

Entends nos rires, très chère Elvire, ceux qui résonnent encore entre les murs de notre premier logis. Le plaisir était alors en accès libre.

Tous les prénoms du monde étaient témoins de notre béatitude. Ils portaient sur nous un regard humide baigné d’affection bienveillante.

Nous étions bien, nous étions beaux, nous étions jeunes.

Puis, nous dûmes partir.

L’aventure nous appelait en de contrées plus lointaines, plus sauvages, plus folles. Mais aussi plus âpres, plus féroces, plus sèches.

Une fois arrivés, nous dûmes constater que le contraste était plus violent que celui envisagé.

Le temps passant, les sourires disparaissaient de nos joues, l’éclat de nos yeux se vitrifiait, nos mines pâlissaient. Nos peaux, jadis de pêche, prenaient l’aspect de papier mâché.

Nous devenions las. Chaque jour, notre perte se faisait cruellement ressentir.

Le destin avait tissé un bien vilain motif sur la toile chamarrée de nos existences.

Pourtant, nous sûmes garder le front haut et croire malgré tout en de lendemains bénis où le gazouillis des hirondelles chasserait le vol noir des corbeaux.

Mais il faut croire que l’Éden garde rancune à ceux qui le quittent.

Car pour avoir osé renoncer à la vision enchanteresse des atours généreux de Madame Nichon, nous sommes depuis cet été condamnés aux odieuses exhibitions de Papy Quéquette, qui, comme son nom l’indique, n’est pas une jeune femme qui se promène dans son appartement les seins à l’air.


Commentaires

1. Le mercredi 16 février 2011, 22:42 par Delio

Ah ! Quand même! Je savais bien qu'en l'exigeant, je l'aurais ma notasse. En plus, c'est là qu'Eulalie est normande, comme Pierre Corneille et qu'elle joue si bien avec les mots....

2. Le jeudi 17 février 2011, 03:14 par Carlotte Jolie Fleur de Java

De normande à normand, de normand en breton, de breton en méridion, et de méridion en kessquej'racontondon... Le compte est bon (le conte aussi, ah fait, les p'tits Muches!)

3. Le jeudi 17 février 2011, 09:34 par dpc

La roue tourne, les enfants, ainsi va la vie. Après avoir joui des années durant de la riante vision des beaux appas d'une nymphe urbaine, vous devez à votre tour apporter joie visuelle et bonheur de voisinage à l'un de nos aînés afin d'égayer le soir de sa vie. Madame Nichon n'a pas disparu, ma chère, elle est en vous. Vous savez ce qu'il vous reste à faire.

4. Le jeudi 17 février 2011, 14:28 par Eulalie

Deliiiio, perdu, les jeux ne sont pas miens mais ceux du Grü-Corneille :)

Carrrrrlottaaaaa, pas mieux :)

Dpc, tu veux dire, "Madame Nichon n'a pas disparu, mON cher, elle est en vous. Vous savez ce qu'il vous reste à faire." ? Tu veux exhiber les pectoraux musclés de mon aimé aux mirettes de Papy Quéquette ? Je ne suis pas sûre de l'effet :D

5. Le jeudi 17 février 2011, 15:18 par dpc

Mes premiers vous s'adressant au couple, je vous laisse choisir à sont destinés les derniers. Cela étant réfléchissez bien avant de prendre une décision pour être bien sûr que vous exhiberez à papy croquette le genre de pectoraux qu'il préfère, hein, c'est pour lui que vous faites ça.

6. Le jeudi 17 février 2011, 19:46 par Je Rêve

Ô mandieu.
Arf.

(Nan, pas mieux en stock.)

7. Le samedi 19 février 2011, 06:56 par Delio

Bon si c'est le Grü l'auteur, deux choses :

- La première, il faut que prenne d'urgence rendez-vous avec l'ophtalmo

- La deuxième, pour les références, on change de Pierre et de Corneille on passe à Per-Jakez Helias