Canidé original, droit de réponse de Monsieur Muche

« Méconnaissances, amalgames, approximations, honte sur eux ! »

Voilà chers internautes les quelques mots que je fulminais alors que je prenais connaissance des réactions à l’article précédent de Glibichette intitulé « Ouahouah. »
Et encore, n’eussent été ma pondération proverbiale, ma courtoisie légendaire et ma rigoureuse éducation, ce sont quelques expressions plus fleuries telle que « Pourquoi tant de haine, corrompus, éducation de m… » qui auraient affleurées l’onde de mes pensées.
Mais cela aurait présupposé la volonté de nuire chez les honorables commentateurs alors que de toute évidence leur démarche procède de l’ignorance.

Voilà pourquoi j’estime le temps venu d’endosser la toge du maître pour dispenser la lumière de la connaissance canine sur un monde de toute évidence plongé dans l’obscurité.

Le Clapoto des fourrés, puisqu’il en est ici question, descend en droite lignée du fameux Frunhärd à poils semi épais (Freçï unyär Mylkit) importé d’Oural par les hordes Tatares en 1612. Le 26 juin pour être précis, après la période de quarantaine réglementaire au poste frontière de Baden-Baden.

La nature de son pelage trop léger pour s’adapter au rude climat montagnard, trop fourni pour supporter les chaleurs estivales du sud et trop soyeux pour les bretons, l’amena naturellement à trouver en plaine le terreau de son épanouissement. Notamment dans les régions marécageuses du Morvan et du Cher.

Doux avec les enfants, féroces avec les renards, docile, malicieux, rapide, intrépide, ce clébard devint vite la coqueluche (oups) des seigneurs du crû. Beaucoup ainsi, prirent l’habitude d’incorporer dans leurs meutes ce joyeux compagnon de battue.

Et du fil du temps en aiguilles des mutations, le Frunhärd perdit quelques longueurs de poils, sa truffe s’allongea, ses pattes se palmèrent et il devint apte à évoluer dans l’eau.
Mieux que flotter, moins bien que nager, voilà la définition de clapoter.
En terrain plat, un lieu d’embuscade ? Ne cherchez plus, c’est un fourré.
D’où aujourd’hui la quintessence française du chien de chasse des marécages mondialement connu sous le nom de Clapoto des fourrés.

Certaines âmes égarées vous certifieront que le Clapoto n’a jamais posé un seul coussinet dans de sympathiques fourrés champêtres, mais qu’il trouve son bonheur dans de sinistres forêts, au milieu des chênes, des hêtres ou des mélèzes (N°1 – The Larch).
Cette hypothèse ridicule s’explique par la confusion existante avec le Glapito des bois, remarquable fleuron français du chien de chasse forestier, qui attire le faisan en imitant à la perfection le cri du paon égaré. (Apparté scientifique : le faisan raffole autant du paon perdu qu’il se méfie des pandémies.)

Concernant le Forez, le dernier témoignage recensant la présence d’un Clapoto dans cette région, aux environs de St-Thomas-la-Gardé, vient de M. Emile Dufourche qui déclara en 1899 à la Gazette de Grezieux-le-Fromental « Pour sûr que j’avions vu une drôle de bestiau roder autour de la bâtisse de monsieur le maire. Noir comme le diab’ qu’il était. J’allions lui mettre un coup de fourche au cul, mais il a détalé comme un faisan devant une pandémie. »
Sachant que le pelage du Clapoto n’est jamais noir et qu’il ne fuit devant personne, nous pouvons d’ores et déjà affirmer que M. Dufourche se trompait. Il s’agissait sûrement d’un caniche ivre s’étant égaré au retour du fameux carnaval pour cabots ridicules de St-Romain-la-Puy qui à l’époque se déroulait une fois l’an le 04 avril.

Quant à l’évocation d’un Clapoto des Forets, je préfère passer le dossier à Mulder, Scully et leur ingénieuse équipe de traqueurs du surnaturel. Etant donné la délicatesse de l’ouïe du Clapoto, il ne saurait s’approcher à moins de quatorze kilomètres d’une perceuse. Si quelqu’un affirme avoir vu un Clapoto près d’une perceuse, c’est que ce n’était pas une perceuse.

L’honorable et fort cultivé Olivier nous a judicieusement fait part de l’existence d’un Clapoto des Faurés qui pratique habilement de l’orgue.
Après enquête, je suis en mesure d’apporter quelques précisions.
Il répond au doux nom de Cunégond, c’est LE Clapoto des Faurés, puisque les deux autres chiens sont un golden retriever et un fox terrier (resp. Mathilde et Flashy Flash).
L’orgue sur lequel il joue est en réalité un synthétiseur Bontempi connu pour usurper largement l’appellation d’orgue, acheté pour les huit ans d’Ernestine Faurés en 1989. Livré avec sa méthode d’apprentissage, il permettait une maîtrise de l’instrument en moins d’un mois. Ce qui réduit considérablement le mérite de Cunégond, sachant qu’il lui en a fallu deux pour jouer sans fausse note « Requiem pour une pantoufle. »
La maîtrise de la flûte traversière nous eut sans conteste beaucoup plus impressionnés.

De son côté, l’honorable Benoit mentionne le Clapoto des bosquets. Il s’agit tout simplement d’un jeune Clapoto en phase d’apprentissage du métier. Une fois son examen en poche, à savoir marquer correctement l’arrêt sur un canard en plastique jaune qui fait « pouêt », il sera libre d’évoluer dans tout fourré à sa convenance. Croyez bien que dès son instant, il dédaignera le bosquet jusqu’à la fin de ses jours.

Pour finir, Mika nous demande ce qu’il en est du Clapoto Subaquatique.
La seule fois où un Clapoto fut vu en train de pratiquer l’immersion totale et prolongée en milieu marin, c’est depuis le hublot d’un certain Yellow Submarine.
A ce qu’on m’a laissé entendre, il semblerait que malgré la profondeur, les occupants dudit sous-marin planaient sévère.
Autant dire que cette hypothèse farfelue n’a rien à faire dans un cours sérieux de haute tenue scientifique.


Commentaires

1. Le mercredi 11 février 2009, 02:30 par Let'Oréal

Mon Dieu, et après ça, elle est encore blonde... Vous déclarez la guerre au poil crépu et terreux, aux cheveux cassants, fourchus et gras aux racines ? hein ? C'est ça ? Vous ne vous cocaïnez pas au moins ? Non, parce que se prendre pour Kate Moss ça va deux minutes, hein, mais faudrait pas abuser non plus !


Honorable Let’Oreal, ouvrez votre esprit et adonnez vous à l’activité d’être Kate Moss pendant plus de deux minutes. Il se peut même que votre vie en soit changée. En tout cas, le regard de vos voisins le sera lui à coup sûr.
2. Le mercredi 11 février 2009, 09:45 par ingweil

Le 26 juin 1612, c'était un mardi non ?


Honorable Ingweil, votre connaissance calendaire est un exemple pour tous.
3. Le mercredi 11 février 2009, 10:12 par Aalex

Que voilà un bel article, documenté et précis. Il ne manque plus que la petite gravure pour l'illustration.


Merci de votre appréciation Honorable Aalex, mais nous préférons laisser à chacun, la liberté d’imaginer un clapoto d’après notre description, plutôt que de la brider par une froide image.
4. Le mercredi 11 février 2009, 11:03 par Olivier

Alors là bravo ! M. Muche, vous connaissez votre sujet ! Si d'aventure vous donnez quelque conférence sur le clapoto, ne manquez surtout pas de me le faire savoir !

Quant à Cunégond, je reconnais en effet que son intérprétation du Requiem pour une pantoufle manque peut-être de gravité. Mais il faut l'entendre jouer sa Barcarolle de la Forêt ! On y sent toute son âme slave, empreinte d'une vraie nostalgie pour les lieux dont il tire son appellation bien méritée. C'est à l'évidence du grand clapoto !

Vous ai-je précisé, d'ailleurs, que Cunégond joue du hautbois ?


Honorable Olivier, votre esprit taquin repose sur de solides connaissances et c’est tout à votre honneur.
Mais, permettez-moi de ne pas avoir la même analyse quant à son interprétation de la Barcarolle de la Forêt , son jeu tout en déstructuration rythmique, teinté d’un léger laisser-aller sur les mi bémols (puisqu’il en joue un sur trois sans respecter le bémol) indique sans conteste son rejet total dudit lieu où l’on voudrait le situer.
Et si effectivement Cunégond joue du Hautbois, il le fait comme un malandrin joue du couteau : agressivement et sans finesse.

5. Le mercredi 11 février 2009, 11:38 par Delio

Puisque je découvre que M. de la Muche et du Trégor réunis est un spécialiste de l'histoire canine aussi bien que du nettoyage d'icelles, pourrait-il nous expliquer pourquoi les Clapoto (des bois, des prés, des marais, des forêts, des fourrés ou autres lieux) ainsi que leur cousins des quelque trois cent autres races ne se brossent pas les dents un minimum de trois fois par jour comme le recommande pourtant l'association pour l'hygiène bucco-dentaire?

Vous remerciant des éclaircissements que vous ne manquerez pas de nous fournir, je vous prie, Monseigneur, d'accepter les marques de mon plus profond respect,

Votre dévoué lecteur,


Honorable Delio, votre question est légitime et je vais tâcher d’y répondre clairement. Les chiens ne se brossent pas les dents, car ils ne peuvent pas se saisir d’une brosse à dents.
6. Le mercredi 11 février 2009, 13:52 par drenka

Oh mais tfacon Moi je prefere les chats (surtout les Grafignons andaloux)


C’est là un choix fort judicieux Honorable Drenka, mais quitte à posséder un chat ibérique, je me permets de vous recommander chaudement le flouchard des toits castillan qui roule mieux les « r ». De ce fait, leur miaulement sont plus distingués.
7. Le mercredi 11 février 2009, 14:12 par Ln

Un dentiste canin ! Qui l'eut crû ?


Lui-même Honorable Ln, tout simplement.
8. Le mercredi 11 février 2009, 16:48 par Silphi

En fait, si je m'en refere à la description, le clapoto serait pas une version snob et underground du Labrador en fait ? :)

Sans vouloir rabaisser le Clapoto hein ^^


Et pourquoi pas du bichon maltais tant que vous y êtes honorable Silphi ?
9. Le mercredi 11 février 2009, 18:49 par Marie

Des Tatares en 1612, vous avez fumé Gündlar le tapis persan ou bien ? Tout le monde sait que le dernier Tatare est mort de dysentrie le 31 décembre 957. Imposteur.


Loin de moi l’idée de vouloir douter des connaissances de tout le monde, mais la plausibilité de ce fait s’avère extrêmement mince à la lumière de la devise Tatare « On ne meurt pas la veille du jour de l’an bordel ! »
10. Le mercredi 11 février 2009, 22:58 par Thonthon

Hrm ... Il est des écrits qu'on ne peut décemment s'abstenir de commenter.
Tout d'abord il est de mon triste devoir de vous signaler qu'un bon aparté, à l'instar d'un Napoléon ou d'un Clapoto, ne prend qu'un seul pé.
Ensuite si le faisan raffole du paon perdu, c'est parce qu'il peut alors paonner sans danger devant la paonne étonnée.
Et pour finir, en ardent défenseur de la paix des ménages et au nom de la Vérité-sans-contestation-possibe, je vais vous livrer le secret étymologique du "clapoto des faux rés".
Laissez-moi tout d'abord féliciter mon ami Olivier dont la culture musicale, au demeurant limitée, lui permit tout de même d'apporter un bon élément de réponse. Il s'agit en effet d'un chien de chasse musicien. En présence d'un gibier à plume il va informer discrètement son maître par un morceau de musique idoine, comme par exemple "Alouette, gentille alouette" ou "Bécassine, c'est ma cousine" ou encore "Le coq est mort ce soir". C'est par le truchement de ses pattes antérieures en contact léger avec la surface calme des petits plans d'eau qu'il va générer un clapotis harmonique à l'attention de l'oreille mélomane du chasseur. Ce clapoteur ou clapoto (l'italien restant malgré tout la langue maternelle de la Musique) a cependant un énorme handicap : une malformation congénitale de son troisième coussinet l'empêche de produire correctement les sons "ré". Ceux ci ont en effet tendance à rouler sur le "do". C'est d'ailleurs pour soulager ces singuliers musiciens qu'on inventât un jour le ré verbaire, dont peu se souviennent aujourd'hui.


Honorable Thonton, vous me voyez navré d’opposer l’Histoire à votre hypothèse. Car s’il est bien une note que le Clapoto maîtrise à la perfection c’est le ré. Il tient cela de son passage par les terres russes (appr. 1547-1588) où quelques musiciens cosaques se piquèrent de leur apprendre les rudiments musicaux.
Quand un Clapoto interprétait la gamme dodécaphonique, les cosaques réunis en jury émettaient lapidairement leur jugement, le sourcil sévère « Klapotov Niet ! Do, Fa, Sol, La, Si, Niet !!», puis ils souriaient, levaient le pouce et disaient « Klapotov, Da ré. Da, Da »
Cette appellation n’est curieusement pas restée pour le Clapoto puisque ce sont les fourrés qui le caractérisent, mais elle est encore employée pour certains chiens de chasse musicaux.

11. Le jeudi 12 février 2009, 04:37 par philippe

Baden-Baden. Dire que le Clapoto et le général de Gaulle eussent pû s'y rencontrer, à quelques siècles près.
Emouvant, non ?

A Glibichette : BONNE FETE FELIX ! ;)


Je vous ai compris, Honorable Philippe.
12. Le jeudi 12 février 2009, 08:20 par Olivier

Mon cher Thonthon, tu as omis de mentionner la Danse des canards, que le Clapoto des faurés interprète toujours avec beaucoup d'entrain. Ainsi que Faisan l'amour ce soir et Revoir perdrix.

Limitée ma culture musicale ?!! (Ouais, en fait il a raison, Thonthon.)


Pour la compléter Honorable Olivier, veuillez noter que le Clapoto des fourrés est l’inoubliable interprète de « Biche, Oh ma biche », «Chien voilà du boudin ! », « A l’os maman bobo » et « Niche baie des anges ». Il fait aussi les chœurs dans « Only you » (les woua woua woua woua woua sont de lui)
13. Le jeudi 12 février 2009, 21:11 par Eulalie

Silphi : Je nierai tout en bloc si on m'en reparle, mais il est possible que, éventuellement, "Labrador" soit la race de chien que je cherchais à l'origine, auquel cas, par la simple écriture de ce mot, tu aurais peut-être soulagé quelques neurones qui tournaient en boucle depuis cet épisode. Si tel était le cas, sache que je te remercierais.


Glibalie de mon cœur, cela ne se peut, ce serait trop évident.
14. Le jeudi 12 février 2009, 21:12 par Eulalie

Heyyy Merci Philouuuuu ! :)

15. Le samedi 14 février 2009, 00:29 par Let'Oréal

Ah ouais, et les autres ? on pue ? lol (J'adore jouer les trolls de temps en temps ^^)

16. Le dimanche 15 février 2009, 23:28 par Eulalie

Mais je ne réponds pas aux commentaires de Gruninours, à lui de vous répondre :)