Eclaircissements


Comme d’habitude, le précédent post de Gliboune est une merveille de littérature. L’alliance percutante de la concision et de la rigueur narrative a fourni un parfait outil pour extraire de la gangue carbonifère du quotidien le diamant brillant d’un billet humoristique. Je suis d’autant mieux placé pour en parler avec détachement et impartialité que, sur ce coup, je lui ai fourni la matière première.

Néanmoins, pour aussi sympathique qu’elle soit, cette phrase contient un reliquat d’imperfection que constitue sa nature sibylline susceptible d’interloquer le quidam en visite.

Aussi, je me propose de vous apporter quelque éclairage afin que ma décadence sous vêtementale ne soit plus pour vous un sujet de perplexité.

Au temps où les volcans n’étaient pas encore source de jeunesse mais plutôt de cloques aux pieds pour les distraits s’en approchant, c’est-à-dire dans ma prime enfance aux dires des perfides, je pratiquais le football avec la fougue vigoureuse propre à la majorité des bambins mais avec hélas la même maladresse pataude.

Le nombre de jonglages consécutifs que j’arrivais à enchaîner était compris entre 0 et 2.
Autant dire une misère. De quoi peut-être décourager tout un chacun, mais certainement pas un gosse rêvant d’éblouir la foule du Maracana.

Possédant déjà un esprit analytique j’avais posé le constat suivant : mon taux de réussite médiocre était dû à mon incapacité à maîtriser la rondeur du ballon. De par le fait, je ne pouvais acquérir la gestuelle correcte. Je devais donc trouver un objet de substitution léger et pédestriable (qui est l’équivalent pédestre de maniable.)

Après un temps de recherche menant à l’exclusion de mon pull, de l’ours en peluche de ma sœur, de mon béret et même de ma brosse à dents (un peu de magnanimité que diable, j’étais jeune, donc insouciant des règles fondamentales, dont la primordiale « On ne joue pas avec sa brosse à dents ! »), au moment du coucher je tombais enfin sur l’objet idoine en mon slip.

Derechef, je m’attelais avec assiduité au perfectionnement de ma technique jonglatoire tous les soirs avant le dodo. Au grand dam de Dame ma Mère quand, voulant lui prodiguer le baiser de la douce nuit, elle tombait nez à nez avec son rejeton s’agitant nu dans sa chambre avec un slip sur l’occiput.
C’est pourquoi, au fil des ans, je pus acquérir une maestria certaine dans la pédipulation de mes sous-vêtements.

Un slip au sol pouvait m’emmener dans des heures d’exercices de haute volée.
Je ramasse le slip avec l’orteil, d’un geste vigoureux je l’envoie en l’air où je le réceptionne sur le front, d’un dégagement frontal arrière il atterrit sur la nuque, puis hop l’épaule droite, hop l’épaule gauche, l’épaule se rejette en arrière, le dos se creuse brusquement et voilà le slip sur les reins, le dos se redresse, la jambe gauche se plie vers l’arrière pour récupérer le slip sur le talon, talon gauche vers talon droit, mouvement vertical puis rétro circulaire du pied pour récupérer le slip sur l’orteil et c’est reparti pour un tour.

Inutile de dire que les quelques demoiselles devant qui j’exécutais ces acrobaties étaient littéralement stupéfiées par tant d’agilité.

Sauf, bien entendu, Eulalalalère, qui resta de marbre de longues minutes avant de partir dans un grand éclat de rire laissant entendre que j’avais atteint le plus haut échelon du ridicule sur son échelle personnelle.
J’ai donc délaissé cette pratique.
Et depuis, je ne suis plus aussi doué.

Quelle cruelle perte pour le monde sportif !

Commentaires

1. Le lundi 1 octobre 2007, 16:30 par Freefounette

Pédibulation après dévêtage total ? ça devait être intéressant comme sport... J'aurais ptet regardé, si c'était télévisualisé !

2. Le lundi 1 octobre 2007, 16:57 par ulfablabla

Quand tu dis que tu étais nu, tu veux dire que tu étais nu?
J'veux dire, sans vêtement, tout ça, les parties sexuelles à l'air et... s'agitant au gré de tes galipettes?
Je comprends bien qu'Eulalère pouffe de rire, tiens, quand même, y'a pas idée, c'est comme si des naturistes couraient, tiens... on a pas idée, non.
Monsieur, je ne vous soutiens pas.

3. Le lundi 1 octobre 2007, 18:19 par drenka

AH LA LA mais j'ai été victime de la même incompréhension moqueuse quand j'ai expliqué mon concept de concours d'attrapage de slip avec pieds comme les orangs-outans. Les gens ne comprennent rien à la beauté des sports de slip.

4. Le lundi 1 octobre 2007, 19:46 par Mimi Je Rêve

à bas les sous-vêtements !!!
:-D

5. Le lundi 1 octobre 2007, 19:51 par Delio

Que n'avez-vous invité Mademoiselle LaBlondePailletée à s'essayer à une manoeuvre identique à base de string ou de soustif (qui sont des slips en langage grunien) ?

6. Le lundi 1 octobre 2007, 20:01 par dpc

Voilà comment, monsieur, nombre vocations sont tuées dans l'œuf par les railleries du quidam. Ah ça, si vous vous étiez amputé d'une oreille puis éliminé d'un fatal coup de revolver, on exposerait déjà vos slips en place publique, jusqu'en Batavie, et on se bousculerait pour mirer les enregistrements de vos exploits ! N'est-ce point là le cruelle symptôme d'une société rongée par un chronique manque de goût ?

7. Le mardi 2 octobre 2007, 10:15 par Linowen

On devrait proposer ce sport comme nouvelle discipline olympique ^^

8. Le mardi 2 octobre 2007, 11:58 par Nina

Quelle audace ! Quelle adresse ! Et quel acharnement dans l'exercice ! Bien qu'après réflexion on ne puisse que s'esbaudir devant un tel talent, je crains que ma première réaction ait été le rire... Mais que voulez-vous, nous sommes rarement reconnus de notre vivant.

9. Le mardi 2 octobre 2007, 12:17 par a n g e l

Ma curiosité naturelle et mon engouement pour les activités sportives différentes me font aujourd'hui me désolidariser temporairement de ma respectée consoeur pour vous apporter tout mon soutien, Monsieur, et vous exprimer par la même occasion mes vifs regrets de ne pouvoir admirer un tel exploit de visu. N'y aurait-il pas quelque appareil d'enregistrement vidéo en votre demeure, une webcam, un APN, que le monde ne reste pas sans admirer une pareille prouesse physique, qui fait honneur à votre agilité et votre inventivité?

10. Le mardi 2 octobre 2007, 16:14 par Ringo

Juste par curiosité, le slip ramassé par terre et qui pendant de longues heures servait au jonglage, il était bien sale ? Parce que sinon il ne serait pas par terre mais bien gentillement rangé avec ses confrères slips ?

Beeeeuah le cracra !!!!!

11. Le vendredi 5 octobre 2007, 13:34 par Moukmouk

Oui ce sport doit être olympique, je crois que ça remplacerait avec beaucoup de pertinence le patinage artistique. les jongleurs ne pourraient pas comme les patineurs bourrer le slip de kleenex. Personnellement je pense que le jonglage mixte serait du plus haut intérêt.

12. Le vendredi 5 octobre 2007, 13:48 par Monsieur Muche

Honorable Freefounette, le monde perverti de la télévision ne s’intéresse qu’au vil, au médiocre, au laid. La beauté formelle de ma performance artistico-sportive ne pouvait donc en rien les concerner.

Honorable Ulfablabla, la nudité n’est vulgaire que quand elle sert à exciter le pervers en mal de fantasmes. Sinon, elle est naturellement belle et harmonieuse, même quand les balloches bloblotent à tout va.

Honorable Drenka, votre erreur fut d’expliquer au lieu de convaincre par une démonstration en direct. Je gage qu’une telle réalisation vous eut apporté respect et reconnaissance. A bas les bas aussi, Honorable Mimi ?

Honorable Delio, la blonde pailletée que vous mentionnâtes a, en raison de sa légendaire habileté, l’interdiction la plus stricte de se livrer au moindre exercice physique plus acrobatique que de se gratter le bras. Lui demander de pratiquer une acrobatie aussi périlleuse eut consisté en un grave délit d’incitation à l’auto défénestration.

Honorable DPC, votre remarque démontre clairement que vous visez juste. Avide de tragique et de divertissement, la société rejette le beau, même quand on lui ajoute sous le nez avec moult gracieux moulinets.

J’abonde en votre sens, Honorable Linowen. Je gage que nous dominerions longtemps la discipline.

Honorable Nina, un rire joyeux est déjà une grande récompense. Mais il est vrai que j’eus préféré être reconnu de mon vivant et signer un lucratif contrat de sponsoring avec de grandes marques de sous-vêtements.

Honorable Angel, le temps de mon enfance remonte à l’époque où le Kinétoscope était à l’état de projet. Il n’y a donc aucune trace de ses glorieux moments.

Honorable Ringo, une solide hygiène quotidienne associée à une forte retenue dans mes émanations gastro digestives m’autorise à ne pas qualifier le slip mentionné de « bien sale. » Je compatis néanmoins à vos problèmes.

13. Le vendredi 5 octobre 2007, 17:04 par Le Petit Nico

Sont cruelles quand meme .

J'ai du moi abandonner contraint et forcé mon habitude de dormir nu en chaussettes , presque le drame d'une vie , tiens .

Le Petit Nicolas (mais en Plus Grand)

14. Le lundi 8 octobre 2007, 12:00 par Lotaire

Je ne viens pas souvent... Est-ce ma 3, 5 ème visite ? Mais je me rends compte avec le temps de la lassitude, voire de l'agacement que provoque ce discours vide tissé d'une langue maniérée.

On y perçoit clairement qu'internet contribue beaucoup à une noyade de la langue comme construction du monde, comme outil d'imagination créatrice.

Certes internet produit 'aussi' quelques forums et blogs intéressants. Mais ceux-ci (les forums) étaient proportionnellement bien plus nombreux dans les années 1992-2000. La démocratisation est-elle toujours condamnée à introduire à la médiocrité, dans une leçon très Tocquevillienne ?

En fait, un peu au-delà de ça, le phénomène blog me semble travailler le langage, la notion de langue elle-même. Dans un sens différent mais complémentaire des tchats et autres SMS.. L'aspect performatif du langage s'y délite au profit d'un jeu. Les mots s'y réduisent à l'état de jouets, de passe-temps, et on a le sentiment du langage de la noblesse désœuvrée des 17ème 18ème siècles. De cette noblesse de cour inventée par Richelieu pour domestiquer les énergies, les autonomies féodales.

Le 'processus de civilisation' ne s'applique pas seulement à l'éviction de la violence par un travail sur l'ethos et l'hexis mais également par un travail du langage.

Mais il ne faut pas oublier en parlant de violence que l’agressivité et l’action sur le monde entretiennent des relations intimes…

Ainsi les individus intègrent-ils la réduction de leur agressivité physique et gestuelle, mais également verbale. Ainsi les rapports sociaux se vident-ils de leur action de transformation sur le monde pour devenir de simples jeux, des coquilles vides, symboliques, des souvenirs d'un âge performatif révolu. Le sport pour la violence physique et l'effort du travail de peine, les formes démultipliées de la communication pour un langage appauvri et/ou vidé de sens par sa profusion.

L'Homme est en cela non seulement réifié par les objets de consommation de son quotidien, mais également par les pratiques les plus intimes de son être : corps et âme...

Une question se pose pour moi. Pourrions-nous le voir autrement que comme un processus d'intégration de la soumission à un ordre établis ? Non que celui-ci soit une rigidification de l'apparence sociale : sexualité, mode, alimentation, travail etc.. mais des principes de leur organisation : hiérarchie, inégalité, injustice. Car plus avance l'éducation, la connaissance, plus se font jour l'incroyable inanité de ces principes, sans pour autant qu'une sortie en soi pensable... seule la résignation cynique s'impose alors dans les corps comme dans les esprits. En faisant jouer les apparences, est-ce une résignation profonde, totale et totalitaire qui s'impose ou l'espoir d'un autre monde qui fuit pour se nicher loin dans les tréfonds de l'être dans l'éventualité d'un impact heureux de l'apparence sur les principes ? Mais s'il s'agit d'une valse hésitation entre ces deux pôles ? D'un jeu de malaise dans cette contradiction ? N'est-ce pas plutôt un glissement vers l'écrasement de l'espoir, de la petite lumière nichée trop au fond de l'être... et d'une finale annihilation de cet être ?

15. Le lundi 8 octobre 2007, 12:54 par Delio

Un supporter néo-zélandais neurasthénique qui déverse un discours barbant où la logorrhée le dispute à la suffisance pour donner un galimatias incompréhensible.

Je serais toi, je profiterais de l'heure pour me taper un super apéro pour oublier tous mes soucis.

Les blogs, c'est comme le saucisson, si tu n'aimes pas, personne ne t'obligera à en prendre et laisse ceux qui aiment ça s'en délecter.

16. Le lundi 8 octobre 2007, 19:18 par Eulalie

Cher Lotaire,

J'ai lu votre discours avec intérêt. Plusieurs fois, je l'avoue, car habituée à la médiocrité de mes textes et de mes idées vides, j'ai eu un mal considérable à faire intégrer à mon cerveau l'idée de réfléchir à un contenu « plein ». Surtout que pour me compliquer la tâche, vous avez tissé le tout dans d'opaques phrases prétentieuses, canaillou !

Comme l'air que nous respirons, cher Lotaire, la langue n'appartient à personne, et, aux dernières nouvelles, nous sommes encore libres d'en user comme bon nous semble.

Certains décident de l'utiliser comme vous, avec une rigueur pseudo-sociologique quelque peu moralisatrice (je n'irai pas jusqu'à philosophique, parce qu'il ne suffit pas d'être incompréhensible, dans ce cas, il faut tout de même savoir injecter un minimum de sens à ses propos), d'autres décident de relater des choses sérieuses pour faire avancer ce qu'ils pensent être juste, d'autres, décident de se livrer à des exercices de style. Y'a pas de prétention littéraire, c'est juste que ça détend.

Alors ouais, la légèreté, c'est vulgaire. Mais au moins ça reste compréhensible. Contrairement aux litanies indigestes (et peu respectueuses des règles grammaticales françaises) de certains.



Delio > Que j'te r'prenne pas à m'traiter de saucisson, ou ça finira en pâté c't'histouère !

17. Le lundi 8 octobre 2007, 23:29 par philippe

Elève Eulalie, vous avez quatre heures pour commenter le texte de Lotaire (qui n'a pas l'air d'aimer le "h") !

18. Le lundi 8 octobre 2007, 23:31 par philippe

Plus sérieusement, toi qui aimes les zébrures et les ballerines, j'ai trouvé l'article dont tu ne pourras plus te passer.
Malheureusement je n'ai pas trouvé sur le site du fabricant la photo pour la mettre en lien.

19. Le mardi 9 octobre 2007, 13:03 par Olivier

J'étais venu commenter, un peu en retard (j'espère qu'on me pardonnera), le texte de l'Honourable Sir Tout Muche. En guise de remerciement pour l'hilarité qu'il avait su provoquer en moi. Et en guise d'hommage admiratif aussi. Car franchement, un homme qui jongle pareillement avec son slip, et devant Eulalie qui plus est, a droit à tout mon respect.

Seulement voilà. Comme je passais en revue les divers commentaires, je tombai soudainement nez à nez avec celui de Lotaire. (D'accord, j'aurais pu faire un chouette alexandrin, mais j'ai la flemme.) Du coup, je ne sais plus trop qui remercier de cette belle humeur qui est la mienne à présent.

Ah ! mon cher Lotaire, quel dommage que votre grammaire, votre orthographe et votre ponctuation ne dissimulent pas mieux la pauvreté de votre pensée ! Aussi, travaillez, travaillez et travaillez encore, c'est le conseil que je vous donne. Avec un peu de persévérance, vous verrez, vous deviendrez un phraseur tout à fait... honorable.

20. Le mardi 9 octobre 2007, 16:22 par Lotaire

Ah mes chers amis, qu'il est bon d'être aimé..

La forme, toujours la forme !! Lorsqu'on ne peut critiquer le fond, on critique la forme c'est bien connu. On ait souvent loué lorsqu'on est d'accord ou dans une ironie non-comprise et perçu comme un compliment. Mais Ô combien maltraité lorsqu'on est critique et qui plus est un peu dur..

Le plus amusant se revèle surtout dans la perception de la critique non pas comme une interrogation à laquelle il serait possible de répondre mais comme une attaque personnelle et uniquement personnelle. L'Ego à notre époque est si puissant qu'il empêche toute forme de mise en question. Toute critique est vécue comme une limitation de la liberté. De fait, toute analyse critique est en soi discréditée. Chacun à le droit de faire ce qu'il veut et de n'être soumis qu'à louange. Une analyse critique ne peut donc être vécu que comme un affrontement, une volonté de nuire qui appelle une contre-attaque... Dualisme idéologique poussé à son paroxysme : Tout est blanc, ou noir..

Très intéressant également l'aspect communautaire de la réaction.. L'esprit de corps issu du communautarisme ambiant qui réaffirme avec clarté la différence entre 'nous' et 'l'autre'. L'Autre est le non humain, celui qui pense mal, qui dit mal, dont le langage doit être discrédité pour bien montrer qu'il ne fait pas partie de 'nous' qui sommes seuls au fond à être humain.

Le langage questionné est donc vécu comme une agression de son humanité et appelle un traitement équivalent (du moins du point de vue de celui-celle qui se sent agressé(e)). Le traitement devient même un défoulement... L'occasion d'un épanchement de la haine accumulée pour l'Autre, non pas l'agresseur particulier mais la notion d'Autre (cet enfer). D'où la joie qu'éprouvent certains.. Une joie cathartique, avec nécessité d'en rajouter dans le lynchage pour se décharger des tensions d'une vie de travail (et quel travail..)

Eulalie, je suis profondément désolé si mon post t'as touché (ce que tu nieras, je le comprends fort bien). Mais crois-tu réellement, en ton for intérieur, que là étais mon objectif ? Dois-je être pris pour aussi mesquin ? ;)

Je serais plus que probablement perçu comme en rajoutant une couche, toujorus aussi sufisant même puisque pour ne pas l'être il fut toujours tenir compte de l'Ego de l'Autre... Mais celà m'importe peu car... Car l'essentiel est ce qui s'installe, tel un cheval de troie ou un haricot magique, dans l'esprit qui se pense agressé. Ce qui s'installe, au-delà des nécessaires, voire vitales, dénégations ostentatoires, c'est un terrain de réflexion. Un peu comme le PACS a préparé en France le débat sur l'homoparentalité.

Je ne doute pas de lire de charmants remerciements ironiques et/ou fielleux, mais c'est ainsi que va la vie actuelle du langage..

21. Le mardi 9 octobre 2007, 17:20 par Monsieur Muche

Honorable Lotaire,

point de réponse fielleuse de ma part, ni acrimonie et encore moins d'ironie.

Je veux juste me présenter face à vous et m'incliner respectueusement dans l'espoir d'obtenir un peu de clémence.

En effet, si j'ai mieux compris le second commentaire que le premier, il ne fait nul doute que l'essence même de votre message dans sa globalité m'échappe complètement.
Et la honte tombe sur moi. Oui, LA HONTE !
Envahissante, déterminée, implacable, contre laquelle nulle lutte n'est envisageable et qui laissera en mon âme une cicatrice indélébile.
Comme marquée par un fer aussi écarlate que fut mon teint lorsque je réalisai la portée de mon ignominie.

Afin d'adoucir mes tourments, mon salut passe par l'acceptation pleine et entière de la responsabilité de mon acte.

Voilà pourquoi j'implore votre pardon.

Car, à cause de mon texte, maudit soit-il pour l'éternité, vous fûtes par deux fois obligé de saisir votre meilleure plume pour dispenser généreusement un profond savoir, perdant ainsi un temps certainement précieux.

De par le fait, une nuée d'esprits obscurs se retrouvèrent soudain dans la lumière par la grâce de ces commentaires éclairés. Commentaires, hélas mal compris. Les voilà qui déclenchent la raillerie alors qu'en tant que source de réjouissance ils devraient être célébrés par des chants et des danses.

Tout ça à cause d'un texte sur un gars qui joue avec son slip. Plus personne ne respecte le sérieux, c'est d'une tristesse.

22. Le mardi 9 octobre 2007, 21:17 par Eulalie

Cher Lotaire,

Je ne répondrai pas à votre « Lorsqu'on ne peut critiquer le fond, on critique la forme c'est bien connu. » que « la critique est facile » tant il paraît évident désormais que cette discipline peut poser des problèmes à certains. Ah, si, ooops, je l'ai écrit.
J'arrête là l'ironie pour repartir sur d'autres bases. Je trouve par contre ce raccourci bien facile, et cela, selon moi, vous dessert.

« Le plus amusant se revèle surtout dans la perception de la critique non pas comme une interrogation à laquelle il serait possible de répondre mais comme une attaque personnelle et uniquement personnelle. »
Au début de la vie de ce carnet, certaines personnes s'agaçaient de voir la façon dont je traitais mes congénères, la discussion s'est finie par mail et était intéressante. D’autres ont parfois désiré approfondir certains points que soulevaient mes petites notes, et de là sont nés des échanges enrichissants. Leurs points communs ? Ils sont arrivés sans agressivité, juste pour parler, débattre, sans animosité.

La forme compte, c’est indéniable. Et par la forme, je n’entends pas l’emploi de tournures élégantes ou de mots recherchés ; simplement savoir se faire comprendre par les personnes qui vous lisent.
De la forme dépend la compréhension du fond et des intentions.
Apparente agression (notez que « discours vide tissé d'une langue maniérée » et assimilé peuvent être mal perçus) ajouté à vocabulaire spécialisé (ethos ? hexis ?) et à raisonnement peu clair ne vous vaudra pas succès (ni chance aux jeux, succès aux examens ou retour de l'être aimé.) Une analyse critique ne sera pas discréditée si elle est fondée, claire et dénuée d'agressivité.
Je suis persuadée qu'avec une forme différente, le fond de votre message aurait été mieux compris et les évènements n'auraient pas pris cette tournure.

Maintenant, si vous souhaitez reprendre votre propos clairement, sans commencer par des mots blessants, je suis toujours ouverte à toute discussion.

Pour finir, votre commentaire m'a touché, en effet. Comme chaque commentaire (ou presque) écrit sur ce carnet. Mais je ne vous classe en effet pas dans la catégorie des visiteurs nauséabonds.


Olivier : j'ai rêvé de toi cette nuit, voyageant en Suisse dans mes rêves, et je veux que cela soit clair : je ne garderai PAS ton cochon dinde, et tu DOIS te débarrasser de cette diabolique bête sur le champs si tu ne veux pas qu'il grignote tous les tableaux impressionnistes du quartier.


Chéri chou : ça suffit maintenant, arrêtez avec votre slip, vous agacez Lotaire !


Philippe : quelles sont donc ces merveilles ?

23. Le mercredi 10 octobre 2007, 00:46 par Ringo

<Apparte> "Certes internet produit 'aussi' quelques forums et blogs intéressants. Mais ceux-ci (les forums) étaient proportionnellement bien plus nombreux dans les années 1992-2000."

Nous n'avons pas dû connaitre le même internet, en 1995 ce dernier se résumait à Yahoo, quelques pages webs statiques et l'IRC. J'oublais les fabuleux gif animés... </Apparte>

Quant à la première réflexion de Lotaire, la critique se doit d'être constructive pour être respectée. Mon faible potentiel intellectuel ne m'aura pas permis de comprendre le sens (profond ?) de votre premier commentaire, je crains d'ailleurs de ne pas être le seul dans ce cas. Frustré, je n'ai pu qu'en conclure qu'il ne s'agissait que d'un moment de plaisir solitaire.

24. Le mercredi 10 octobre 2007, 00:47 par Ringo

Tiens, ce matin, en allant prendre ma douche j'ai voulu jongler avec mon caleçon. Pris d'une crise de lucidité ce dernier a abouti dans le bac à linge sale.

25. Le mercredi 10 octobre 2007, 10:27 par Titou

Parlons peu mais parlons bien (voeu pieux dirons certains). Lotaire nous explique donc qu il reste quelque peu interloqué (voire abattu, désespéré, à l entrée d'un grand tunnel avec lumière blanche et tout le toutim) devant la vacuité des articles et commentaires de ce site...et c est son droit. Là où je ne le suis pas (outre le fait que sa prose est aussi indisgeste et "high in the sky" qu'une interview de Brigitte Fontaine) c'est que, faisant part de sa protestation dans des posts "encycliques" il contribue à l'animation de ce blog.



Alors oui sieur Lotaire ce site ne révolutionnera sans doute pas la compréhension de l'espèce humaine (quoique une petite thèse sur le trouble de la femme face à un homme qui jongle avec son slip pourrait intéresser bon nombre de sociologues ou même Charles Villeneuve pour un numéro spécial du droit de savoir) mais est ce que notre couple star a, un jour, affiché de telles ambitions (peut être après une soirée bien arrosée et encore)? Je ne suis qu'un modeste passant mais le moralisme à trois franc (oui pas euro c est mon côté vieille france ça) six sous (oui vraiment très vieille France) de la part de personnes qui ont assez de temps à perdre pour venir sur un blog expliquer que les dits blogs sont vraiment une perte de temps c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres! A moins que vous m appreniez la création d un "blackwater" des blogs protégeant les malheureux internautes face aux méchants bloggers?



Entre nous je ne sais pas si ce lieu de débauche littéraire est l'instrument le plus diabolique qui ait été inventé: allez plutôt voir les pages politiques de Libé (d ailleurs l ensemble du journal) ou TF1: vous y trouverez sans doute de meilleures raisons de larmoyer sur le sort du genre humain.

26. Le mercredi 10 octobre 2007, 12:42 par Olivier

Ah ! mes amis, quel blog que celui d'Eulalie tout de même ! Où l'on peut tout à la fois débattre de la solitude du jongleur slipaire de fond ("The Loneliness of the Long Distance Boxer Juggler" pour les pédants - dont nous sommes) et de l'insoutenable légèreté de l'être ("Nesnesitelná lehkost bytí" pour les pédants cultivés et polyglottes que nous sommes, je n'en démords pas).

Lettre ouverte à Monsieur Lotaire

Tu vois, mon cher Lotaire, je te le dis tout net, et sans ironie aucune, tu devrais venir plus souvent. Bon, d'accord, dans un premier temps, à n’en point douter, tu serviras de punching ball à bon nombre de commentateurs mal embouchés, partiaux et pédants- dont nous sommes (comique de répétition déposé : Oliver © 2007). Mais si tu t’obstines un peu, courageusement, opiniâtrement, tu verras, je gage que tu deviendras vite la coqueluche de cette honorable communauté d’exégètes de la geste trucmuchienne. L’ostracisme, dont tu fais maintenant la cruelle expérience et que tu dénonces à juste titre avec tant de verve, se muera tôt ou tard en une joyeuse et fraternelle communion. Tant il est vrai que les graines de la culpabilisation (le haricot magique ?) – que tu as su semer avec ardeur – ne se dessèchent jamais dans ce terreau fertile qu’est cet espace d’échange et de communication si amoureusement cultivé par nos deux hôtes bien aimés. Mieux encore : certains d’entre nous, mus par cet étrange et maladif besoin de connaissance qui poussa notre ancêtre commun à croquer le fruit (bien mal) défendu, iront même, j’en suis convaincu, jusqu’à – enfin !!! tu te rends compte ? – cliquer sur ton nom pour rejoindre ton propre espace d’échange et de communication… Dès lors, tu constateras que tes efforts n’auront pas été vains. Car oui dès ce moment, à toi la gloire, le pognon, les putes et la coke ! comme dirait Marie, une autre blogueuse talentueuse chère à mon cœur, que je me permets de signaler à ta sagacité (ses commentateurs, j’en suis sûr, seront également ravis de te presser sur leur sein). Une gloire méritée, à laquelle tu as droit toi aussi (si si), comme le prophétisait ce cher Andy.

Bon. Sans rire, mon petit bonhomme, voici mon conseil du jour (comme tu vois, je n’en suis jamais à court) : tu devrais mieux choisir tes champs de bataille. Je ne doute pas que tu sois un étudiant en philo tout à fait honnête. Comme je ne doute pas non plus que certains d’entre nous aiment à débattre de la nature même du langage. En revanche, franchement, tu me permettras de douter du bien fondé qu’il y a à nous régurgiter un cours sur Aristote et Bourdieu à propos d’un texte, certes savamment écrit, mais qui traite de jonglage de slip ! Si tu es sincère dans tes questionnements, alors je te plains vraiment, sans me moquer aucunement. Car il faut se sentir bien seul pour en être réduit à de telles extrémités. Tu veux en découdre sur le plan intellectuel ? Fort bien. Dans ce cas, crois-moi : il y a des batailles philosophiques bien plus importantes à mener aujourd’hui que celle de dénoncer l’inanité – apparente – de textes qui n’ont d’autre but de faire sourire celui qui vient les lire. Emploie donc ton savoir nouvellement acquis à des causes qui en valent la peine ! C’est de cette manière que tu prouveras non seulement ta valeur, mais la valeur de la philosophie. Car pour le moment, tu ne t’en rends sans doute pas compte, mais tu scies tout bonnement la branche sur laquelle tu as posé ton auguste séant. C’est en grande partie à cause de discours tels que le tien, suffisants et exsudant la fatuité par tous les pores, que la philosophie traverse une telle crise dans notre société. Tu dénonçais certain emploi du langage aux XVIIe et XVIIIe siècles ? Tu oublies un peu vite que c’est précisément à cette époque que le langage – parfaitement maîtrisé dans sa forme – est devenu cette arme redoutable qui a contribué à remodeler la société. Bien sûr, n’est pas Voltaire qui veut. Mais quoi ! tu ne crains apparemment pas les défis, n’est-ce pas ?

Voilà mon cher. Tout comme toi, j’ai du temps à gaspiller et je le gaspille libéralement. (Pour tout dire, j’ai une lettre de condoléances à écrire, et aligner ces lignes m’a permis de différer un peu ce triste devoir.) Allez ! Continue de réfléchir, tu es sur la bonne voie !

Honourable Sir Tout Muche : Ah l’antépénultième phrase de votre réponse à Lotaire ! Je vous assure qu’elle m’a valu un bel éclat de rire ! (Et Dieu sait qu’en ce moment, toute gaîté est bienvenue !) Merci mille fois.

Eulalie : Tu as a encore rêvé de moi (Lala-lala) ?…c’est bête je n’ai rien fait pour cela (tout en douceur… lala-lala). Un cochon-dinde ? Vraiment ? Pas un cochon d’Inde ? Un cochon-dinde suisse ? C’est vrai que ça fout les jetons ce genre de bête. Bon. Puisque c’est comme cela, vous viendrez le manger avec moi à Noël. Ca lui apprendra. (Au cochon-dinde, pas à Noël !)

Bon. Cette fois, j’y vas. Paix et bisous aux hommes et aux femmes de bonne volonté.

27. Le mercredi 10 octobre 2007, 13:24 par philippe

Des ballerines zébrées (poulain zébré je crois) de Repetto.

28. Le vendredi 12 octobre 2007, 01:21 par Thonthon

Olivier, ce qu'il te faudrait, c'est un blog :)

29. Le vendredi 12 octobre 2007, 13:06 par violette

Ben l'est content le Lotaire, y'a au moins une vingtaine d'internautes qui ont lu ses commentaires. Jour de gloire s'il en est !Brave Lotaire, il n'en demandait pas tant ! peu habitué à être lu, tant sa prose est...soporifique et prétentieuse. Pourvu que la gloire lui monte pas à la tête ! Sinon gare aux chevilles ! Ensuite impossible de s'exercer dans la jongle de slip comme Monsieur Muche ! exercice soit dit en passant qu'il devrait tester. Pour se détendre s'entend ! Imaginez vous un lotaire frétillant nu comme un ver envoyant son calbar dans les airs ? Une gymnastique qui lui ferait le plus grand bien. Allons Lotaire ne soyez pas timide et détendez vous !

Vous ne voulez pas ? ...Mais...pourquoi ???

Ah ok vous n'avez pas de slip !!!!!? LA HONTE !!! Bof... Bisous et paix au hommes et aux femmes de bonne volonté qui savent se déculotter avec élégance

30. Le mardi 16 octobre 2007, 01:45 par Moukmouk

Bon, je suis d'accord que ce billet apportait par ces éclaircissements une lumière nouvelle sur le monde, mais après 15 jours, je trouve qu'il commence à faire sérieusement noir... surtout que l'hiver approche à grand pas et qu'au 86ième parallèle la nuit est déjà arrivé jusqu'au 18 mai!

Il est temps que votre intelligence ( à défaut de la liberté qui éclairait le port de New-York, mais depuis que le buisson maudit ne permet plus un acte terroriste comme cela...) éclaire à nouveau la blogosphère.

31. Le mardi 16 octobre 2007, 19:25 par Delio

BON, Maintenant, ça suffa !

Un billet ! Un billet ! Un billet !

Allez Truc ou Muche, décidez-vous !

On est en manque !

32. Le mercredi 17 octobre 2007, 06:52 par ulfablabla

Enfin moi j'dis qu'le mec qui arrive à passer du jonglage de slip à l'agression de l'humanité du langage questionné, franchement, niveau grand écart, il est fortiche.
A coté, c'est clair, jongler avec son slip, c'est rigolo, mais ça restera moins spectaculaire...

33. Le mercredi 17 octobre 2007, 10:03 par Mimi Je Rêve

Et moi je dis que ça fait du bien de rire, avec le langage et l'exercice de style que l'on veut, et qu'il y a des gens qui sont tristes tristes tristes... et que je les plains, sincèrement. (Enfin, un peu, quoi).

34. Le mercredi 17 octobre 2007, 18:00 par [al]lo - [caca ?]taire

Sujet - libre :

Si l'on s'accorde pour affirmer qu' "un comique est un tragique qui s'ignore", que peut être selon vous un "épate-éthique" ?

PS : mon premier comm ici-bas (hélas, après la bataille) ; avec ma profonde admiration pour Truc&Muche.

35. Le vendredi 19 octobre 2007, 22:32 par philippe

Elle est mourute Eulalie ou quoi ?


Ce à quoi Eulalie a répondu :

Pas à ma connaissance !
36. Le mardi 23 octobre 2007, 21:35 par @tom

Ca me paraît beaucoup plus intéressant que le rugby, ce sport...

37. Le samedi 23 février 2008, 23:26 par Eulalie

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