Quarante troisième note.

Je ne suis pas un révolutionnaire. Oh certes, mes penchants romantiques s’enfièvrent à l’idée de chevaucher farouchement un mulet dans la pampa tel un Zapata en goguette, ou de fumer un cigarillo dans la jungle comme le fit plus souvent qu’à son tour Ernesto sous son béret.




Mais les contre exemples fourmillent. Et surtout il est trop facile de se laisser entraîner par ses ardeurs, on commence par jeter des cocktails molotov sur un char d’assaut et on se retrouve en un rien de temps au réveil à contempler dans le miroir de la salle de bain des bouts de salades coincés entre les dents. Signe qu’on ne s’est pas ou très peu livré au brossage pré nuptial la veille. Quelle vilenie ! Cette simple idée me fait frémir comme du lait.




Dans une casserole, le lait.
Sur un réchaud, la casserole. Ou un briquet à la rigueur. Un puissant briquet.
Sinon le lait ne frémit jamais.
Et mon image serait nulle.
Déjà qu’elle ne mérite que de très loin le titre d’image.
D’ailleurs Panini n’en veut pas.
Mais je m’éloigne de mon sujet.
Revenons-y à grands pas allègres si vous le voulez bien.




Donc, je ne suis pas un révolutionnaire. Ni dans le sens d’être comme je viens de vous l’expliquer, ni dans le sens de suivre. Je situe mal l’intérêt de poser mes pas dans ceux d’un révolutionnaire. Aussi bonnes soient les effluves qu’il pourrait laisser derrière lui.




Par contre, je ne suis pas contre une petite entorse aux conventions. L’une d’entre elle voudrait que la note qui suit ma première soit la deuxième. Or cette idée me navre, me désole profondément, m’afflige au point que ce n’est que distraitement que je passe le fil dentaire mentholé entre mes molaires, mon exercice favori pourtant.




Voilà pourquoi, j’ai décidé, comme précisé à l’Honorable Agathe en réponse aux précédents commentaires, que cette note sera la quarante troisième.

Pour ne frustrer personne, je vais vous donner les sujets des notes non écrites.




Note 2 : comment je noue mes lacets.
Note 3 : un nuage en forme de chapeau melon.
Note 4 : une visite au musée de l’oreiller.
Note 5 : je n’aime pas les chardons.
Note 6 : Arthur Conan Doyle aurait-il fait un bon coureur cycliste ?
Note 7 : un secrétaire récalcitrant (part. I)
Note 8 : l’art du camouflage en milieu rocailleux.
Note 9 : une hirondelle a fait demi tour.
Note 10 : une hirondelle a fait le malheur du facteur.
Note 11 : pique-nique au pied d’une traction avant.
Note 12 : j’ai croisé le facteur au pressing.
Note 13 : Melle Truc prend son pied avec des rideaux.
Note 14 : comment j’aurais pu être champion du monde. (De pliage de chemise)
Note 15 : l’estime du capitaine ne vaut pas son âge.
Note 16 : mon dictionnaire, ce type fantastique.
Note 17 : un secrétaire récalcitrant (part. II)
Note 18 : concerto pour boite d'allumettes
Note 19 : « Clés Allen » dans l’espace (du garage) on ne vous entendra pas crier.
Note 20 : 4224TY14-B
Note 21 : pourquoi je déteste la Maison Coloniale.
Note 22 : en chaussettes, je suis moi.
Note 23 : l’anchois.
Note 24 : un poil dans la brosse.
Note 25 : les murmures d’un trompettiste.
Note 26 : jamais plus je ne mangerai pakistanais.
Note 27 : « The Party » un film étonnant.
Note 28 : tiens, Melle Truc avait déjà évoqué le sujet.
Note 29 : un nouvel élan.
Note 30 : un nouveau cerf.
Note 31 : un secrétaire récalcitrant (part. III)
Note 32 : un nouveau sous la mer.
Note 33 : triomphe à Villeneuve-La-Garenne.
Note 34 : jusqu’au bout du monde, voire du couloir.
Note 35 : Patrick Juvet Superstar ou « mère aime le disco français.»
Note 36 : le boucher ne comprend rien.
Note 37 : soudure à l’arc.
Note 38 : point de colle au pistolet.
Note 39 : j’ai jeté mon secrétaire.
Note 40 : les réveils de Melle Truc ou les mémoires d’un esquiveur de polochon.
Note 41 : les pépitos criaient mon nom.
Note 42 : table basse, la vengeance de la fille du secrétaire.




Ceci étant la note quarante trois, la liste s’arrête là.
La note aussi.