SNCF, tout est possible, sauf prendre le train

Avec la SNCF, tout est possible. Aller en Angleterre, réserver son hôtel ou sa voiture en France ou à l’étranger, et même avoir des prix sur le tout grâce aux différents systèmes de réduction et d’avantages. On peut aussi apprendre à mettre son visage en valeur grâce à une session voyage + maquilleur professionnel à Paris, faire un circuit Sex and the City à New York et prendre des fours de Flamenco à Madrid. Alors prendre le train, hein, c’est secondaire. Y’a pas écrit la Poste, non plus, n’est-ce pas.

Il y a des gens qui trouvent scandaleux de devoir annuler un rendez-vous important prévu de longue date et non reconductible rapidement. Scandaleux, scandaleux… Il est pas très sympa, votre neurologue. Débordé ? Hé bien, on lui aura offert un peu de repos, aujourd’hui, entre deux clients. Allons, allons, c’est quoi, un rendez-vous chez un praticien réputé, face à la solidarité des cheminots ?

Aujourd’hui, c’est zéro train qui va à Paris, et c’est comme ça.

C’est un droit, la grève, ma petite dame. On peut en user et en abuser si on veut. Puisque notre objectif principal n’est pas le service du client, mais nous rendre service à nous-mêmes. Vous comprenez, pendant que vous, vous mettez 3 heures à aller bosser, ou que vous devez annuler un rendez-vous médical d’une importance considérable, nous, on nous refuse notre retraite à 50 ans. Paralyser un pays entier, sans préavis, parce qu’on n’est pas content parce qu’une des nôtres s’est faite agresser, plus qu’un droit, c’est un peu comme une responsabilité. Nous sommes les indicateurs du climat social français, ma petite dame. C’est aussi ça, le public : tenir les gens par les couilles et ne pas se priver de les pincer quand on en a envie. Et ne venez surtout pas nous dire qu’on exagère.

Pour votre train, ré-essayez demain. Ou achetez-vous une voiture.